DxO PhotoLab 9 vs Lightroom
- ericforey
- 14 déc. 2025
- 10 min de lecture

Un combat de titans
Bon, avouons-le tout de suite : comparer DxO PhotoLab à Lightroom, c'est un peu comme comparer une Porsche à une Peugeot. Les deux vous emmènent au même endroit, mais l'expérience de conduite n'a rien à voir. Spoiler alert : DxO, c'est la Porsche Maintenant, attachez vos ceintures, on va voir pourquoi !
Les modules optiques : quand DxO sort sa science
Imaginez que Lightroom soit ce médecin généraliste sympa qui soigne tout le monde pareil. DxO, lui, c'est le chirurgien spécialiste qui a votre dossier médical complet. Il connaît VOTRE appareil, VOTRE objectif, et même probablement votre date d'anniversaire (bon, j'exagère).
Avec plus de 75 000 combinaisons boîtier/objectif dans sa base de données, DxO corrige vos images comme si chaque pixel avait son propre coach personnel. Vignetage, distorsion, aberrations chromatiques... tout ça disparaît avec une précision de neurochirurgien.
Et là, on parle de VRAIES corrections. DxO a littéralement mesuré en laboratoire chaque combinaison. Votre Canon EOS R5 avec un RF 15-35mm f/2.8 à 15mm et f/4 ? Ils ont le profil exact. Votre Nikon Z6 III avec un 24-70mm f/2.8 à 50mm et f/5.6 ? Pareil. C'est du sur-mesure, pas du prêt-à-porter.
Les coins de vos photos grand-angle ? Nets comme des lames de rasoir. La distorsion en barillet de votre 16mm ? Évaporée. Les franges violettes sur les branches contre le ciel ? Parties en vacances. Lightroom à côté, c'est un peu la méthode Coué : "allez, on applique un profil générique et on croise les doigts".

DeepPRIME XD2 : le magicien du bruit (et pas que !)
Ah, le débruitage. Ce moment où vous shootez à ISO 12800 dans une cave mal éclairée et où vous priez tous les dieux de la photographie. Avec Lightroom, vous obtenez des images... comment dire... "propres mais molles". Un peu comme un gâteau sorti trop tôt du four.
DxO DeepPRIME XD2, c'est de la magie noire alimentée par l'IA. Mais attention, pas n'importe quelle IA marketing bidon. On parle d'un réseau de neurones entraîné sur des millions d'images, qui comprend la différence entre du bruit et des détails fins.
J'ai fait le test avec des photos prises au musée juif de Berlin à 25400 isos, quasi dans le noir: là où Lightroom lisse tout comme si vous aviez mis du fond de teint sur votre capteur, DxO garde les détails de texture.




Mais ce n'est pas tout ! DeepPRIME XD2 dans PhotoLab 9 apporte aussi :
Une démosaïcisation améliorée (traduction : de meilleures couleurs et plus de détails dès le départ)
Une réduction du moiré plus intelligente
Un meilleur rendu des textures complexes (tissus, feuillages, eau)
Un gain effectif d'environ 1 à 2 stops de sensibilité ISO
Pour vos photos de nuit, de reportage, de concert ou de sport en intérieur, c'est carrément un cheat code. Vous pouvez shooter à ISO 6400 et obtenir des résultats comparables à de l'ISO 1600 traité dans Lightroom. Et ça, mes amis, ça change la vie.
Le petit bémol ? Le traitement DeepPRIME est gourmand en ressources. Prévoyez un bon processeur (idéalement avec GPU compatible) et un peu de patience pour les exports. Mais franchement, pour la qualité obtenue, on pardonne facilement ces quelques secondes supplémentaires.
L'interface : bon, ok, Adobe gagne... un peu
Soyons honnêtes deux secondes (promis, juste deux). Si vous devez trier 3000 photos de mariage en speed, Lightroom reste le champion incontesté. Son catalogage, c'est du niveau Marie Kondo : tout est rangé, organisé, fluide. Les collections intelligentes, la synchronisation cloud, l'intégration avec Adobe Stock et Photoshop... c'est un écosystème complet.
DxO PhotoLab 9 ? Disons qu'il a fait d'énormes progrès. C'est un peu comme si votre ado avait enfin rangé sa chambre : c'est pas parfait, mais wow, quelle amélioration !
Les nouveautés de l'interface dans PhotoLab 9 :
Organisation des palettes repensée et plus logique
Mode sombre enfin digne de ce nom (vos yeux disent merci)
Personnalisation des espaces de travail
Recherche intelligente dans la bibliothèque
Prévisualisation instantanée des réglages (pas besoin d'attendre le rendu)
Gestion des préréglages améliorée avec aperçus visuels
Ce qui reste perfectible :
Le système de catalogage est moins puissant que Lightroom
Pas de synchronisation cloud native
Les mots-clés et métadonnées sont gérables mais moins flexibles
Pas de collections intelligentes aussi poussées
Mais bon, si votre priorité c'est la QUALITÉ plutôt que la quantité industrielle, cette petite différence d'ergonomie devient aussi pertinante qu'un GPS pour aller chez votre voisin. Et franchement, une fois qu'on a pris ses marques dans PhotoLab, le workflow devient très fluide.
Les outils locaux : la revanche de DxO
Pendant longtemps, les retouches locales sur DxO, c'était un peu la galère. Genre "ok, le logiciel est génial, mais pour retoucher juste le ciel, je dois faire un doctorat".
Bonne nouvelle : PhotoLab 9 a grandi ! Et comment !
Les points de contrôle U Point :
Toujours la star du show. Vous cliquez sur une zone, vous tirez sur les curseurs, et magie, seule cette zone et les zones similaires sont affectées. Pas besoin de faire des masques compliqués. Pour éclaircir un visage dans l'ombre ou raviver les couleurs d'une fleur, c'est imbattable en rapidité.
Les nouveaux outils de masquage :
Sélection automatique du ciel (et ça marche vraiment bien, même avec des arbres)
Sélection du sujet (personne, animal, objet principal)
Masques par plage de couleurs
Masques par luminance
Pinceau avec détection de contours intelligente
Dégradés linéaires et radiaux
Masques combinables avec opérateurs booléens (addition, soustraction, intersection)
Cerise sur le gâteau
Vous pouvez combiner les points de contrôle AVEC les masques. Par exemple, masquez automatiquement le ciel, puis placez des points de contrôle pour ajuster localement l'exposition ou les couleurs. C'est puissant et rapide.
Lightroom garde encore une petite longueur d'avance sur les masques super sophistiqués (les sélections de personnes spécifiques par reconnaissance faciale, par exemple), mais avouez qu'il fallait bien lui laisser QUELQUE CHOSE pour pas qu'il pleure.
Les outils de développement : le terrain de jeu des perfectionnistes
Parlons des curseurs et des réglages, parce que c'est là que DxO brille vraiment.
Smart Lighting : Ah, celui-là, c'est mon préféré ! Au lieu de simplement jouer avec les curseurs hautes lumières/ombres comme un bourrin, Smart Lighting analyse intelligemment votre image et équilibre la luminosité de façon naturelle. Vous avez un contre-jour ? Un curseur. Voilà. Pas besoin de passer 10 minutes à jongler entre exposition, hautes lumières, ombres, blancs et noirs. Et surtout, le résultat ne ressemble PAS à un HDR des années 2010 où tout est plat et sur-saturé.
ClearView Plus : Pour les paysagistes, c'est comme avoir un filtre polarisant magique en post-production. La brume atmosphérique ? Disparue. Mais attention, pas de façon brutale. ClearView Plus préserve les couleurs naturelles, les contrastes locaux et la profondeur de l'image. Vos photos de montagne qui ressemblaient à du brouillard britannique ? Boom, c'est l'automne dans les Alpes, net et clair.
Les réglages de couleur :
La correction sélective des couleurs (TSL/HSL) est très précise
Palettes de couleurs prédéfinies pour différents looks
Filmpack intégré (émulation de films argentiques) si vous aimez ce style
Gestion avancée de la balance des blancs avec échantillonnage intelligent
Les outils de netteté et microcontraste :
Accentuation de la netteté avec masquage de seuil avancé
Micro-contraste pour donner du "punch" sans sur-traiter
Détail fin préservé grâce aux algorithmes propriétaires
Perspective et géométrie :
Correction automatique de la perspective (horizontale ET verticale)
Redressement d'horizon ultra-précis
Correction du volume (pour les portraits serrés au grand-angle)
Outils de recadrage avec guides multiples
Prime, DeepPRIME, DeepPRIME XD, DeepPRIME XD2... késako ?
Petit aparté technique parce que DxO aime bien les noms compliqués et qu'on s'y perd vite :
Prime : L'ancêtre, déjà excellent en son temps
DeepPRIME : La première version IA, déjà impressionnante
DeepPRIME XD : Version améliorée avec de meilleurs détails
DeepPRIME XD2 : Le dernier né dans PhotoLab 9, encore plus précis et rapide
Vous avez le choix du moteur de débruitage lors de l'export. Pour 90% des cas, DeepPRIME XD2 est le meilleur choix. Pour les photos ultra-propres à faible ISO, le traitement standard suffit largement (et est beaucoup plus rapide).
Le workflow : DxO a ses particularités
Contrairement à Lightroom où tout se passe dans un seul logiciel, DxO fonctionne un peu différemment :
L'approche non-destructive : Comme Lightroom, tous vos réglages sont stockés dans une base de données ou dans des fichiers sidecar. Vos originaux ne sont jamais touchés. Vous pouvez revenir en arrière à tout moment.
L'export : C'est à ce moment que la magie opère vraiment. Quand vous exportez une image (en JPEG, TIFF, ou même DNG), c'est là que DxO applique tous ses algorithmes sophistiqués. C'est pour ça que c'est un peu plus long, mais le résultat en vaut la peine.
Les préréglages : PhotoLab 9 propose des préréglages très intelligents. Pas juste des looks esthétiques, mais aussi des préréglages de débruitage adaptés à différents ISO, des préréglages de netteté pour l'impression vs le web, etc.
L'intégration avec d'autres logiciels : Vous pouvez facilement exporter vers Photoshop, Affinity Photo, ou tout autre logiciel de retouche. Certains photographes utilisent d'ailleurs un workflow hybride : développement dans DxO pour la qualité brute, puis finalisation dans Photoshop pour les retouches créatives avancées. (c'est ce que je fais, avec la particularité de me servir de Photoshop comme hébergeur des plug ins DXO, mais j'y reviendrai dans un prochain article)
Le prix : un argument qui parle au portefeuille !
Adobe et son abonnement mensuel, c'est comme une salle de sport : vous payez tous les mois, même quand vous n'y allez pas. Au bout de 3 ans, vous vous rendez compte que vous auriez pu vous acheter un objectif avec tout cet argent.
Lightroom : Vous n'êtes jamais propriétaire du logiciel. Le jour où vous arrêtez de payer, vous ne pouvez plus ouvrir vos images.
DxO PhotoLab 9 :
Vous achetez une fois, c'est à vous. Pour toujours. Comme dans les contes de fées, mais en logiciel de retouche. Les mises à jour mineures (9.1, 9.2, etc.) sont gratuites. Les mises à jour majeures (passage à PhotoLab 10 dans 18-24 mois) sont payantes, mais avec une grosse réduction pour les utilisateurs existants.
Même en upgradant tous les ans (ce qui n'est pas nécessaire), vous restez largement gagnant face à l'abonnement Adobe. Après 3 ans, la différence pourrait financer un bon dîner au resto. Ou plusieurs. Avec du vin. Ou un filtre ND de qualité. Ou des bouquins photo. Bref, vous avez compris.
Les petits plus qui font la différence
Les Palettes : Gestion des couleurs avancée avec des styles créatifs qui ne font pas "Instagram 2015". Les rendus sont subtils et professionnels.
Nik Collection : Si vous achetez DxO PhotoLab, vous avez droit à des réductions importantes sur la Nik Collection (Silver Efex Pro, Color Efex Pro, etc.). Pour les amateurs de noir et blanc ou d'effets créatifs, c'est un vrai bonus.
Les mises à jour de la base de données optique : Régulièrement, DxO ajoute de nouveaux boîtiers et objectifs. Gratuitement. Vous achetez un nouvel appareil ou une nouvelle optique ? Quelques semaines plus tard, le profil est disponible.
Support du RAW propriétaire : DxO supporte rapidement les nouveaux formats RAW. Vous n'attendez pas 6 mois comme avec certains logiciels gratuits.
Exports multiples : Vous pouvez configurer plusieurs profils d'export (un pour le web, un pour l'impression, un pour les réseaux sociaux) et exporter en un clic dans tous les formats. Pratique !
Les limites de DxO (soyons parfaitement objectif)
Parce qu'aucun logiciel n'est parfait, voici ce qui pourrait vous manquer si vous quittez Lightroom :
Pas de système de synchronisation cloud élaboré : Si vous travaillez sur plusieurs machines et que vous voulez vos catalogues partout, Lightroom est mieux équipé.
Catalogage moins puissant : Les collections intelligentes et la gestion avancée des métadonnées de Lightroom sont plus sophistiquées.
Pas de module Livre/Impression avancé : Lightroom permet de créer des livres photos directement. Avec DxO, il faut exporter puis utiliser un autre logiciel.
Moins de plugins tiers : L'écosystème Lightroom est plus riche en extensions et plugins.
Courbe d'apprentissage : Si vous venez de Lightroom, il faudra un temps d'adaptation. Les logiques sont différentes. Comptez quelques heures/jours pour être aussi à l'aise.
Performances : Sur une machine modeste, le traitement DeepPRIME peut être lent. Prévoyez un PC récent avec un bon processeur (et idéalement un GPU compatible).
Alors, DxO ou pas DxO ? Le guide décisionnel
Choisissez DxO PhotoLab 9 si vous êtes du genre à :
Vouloir extraire LA meilleure qualité de vos RAW (genre vraiment la meilleure, pas juste "ça ira")
Shooter souvent de nuit ou en conditions limites (concerts, reportage, astrophoto, sport indoor)
Utiliser des objectifs grand-angle et en avoir marre des coins flous ou de la distorsion
Faire de la photo de paysage où chaque détail compte
Préférer acheter une fois plutôt que de nourrir Adobe tous les mois
Traiter vos photos avec amour plutôt qu'à la chaîne comme des hamburgers
Être un perfectionniste qui zoome à 100% pour vérifier la netteté
Aimer avoir le contrôle total sur la qualité d'image
Restez sur Lightroom si :
Vous traitez des volumes énormes d'images (mariages, événements)
Vous avez besoin d'une synchronisation cloud poussée entre appareils
Vous utilisez intensivement Photoshop et voulez l'intégration native
Vous avez déjà 10 ans de catalogues Lightroom et la flemme de migrer
Votre machine est un peu limite en performances
Vous aimez les livres photos intégrés et l'impression avancée
Vous voulez travailler sur iPad avec la même appli qu'au bureau
Le mot de la fin
DxO PhotoLab 9 ne remplacera peut-être pas Lightroom pour tout le monde. Si vous êtes photographe de mariage avec 5000 photos à livrer pour hier, ou si vous vivez en symbiose avec Photoshop et l'écosystème Adobe, restez sur Lightroom, vous serez heureux.
MAIS. Si vous êtes un(e) perfectionniste qui passe du temps sur chaque image, si vous voulez que vos photos soient techniquement irréprochables, si vous shootez régulièrement en basse lumière, si vous en avez marre de payer un abonnement mensuel pour l'éternité, si vous voulez des corrections optiques dignes de ce nom... DxO PhotoLab 9, c'est votre nouveau meilleur ami.
Personnellement, je n'ai pas à traiter de grosses quantités d'un seul coup donc pour mes images, je veux le summum de la qualité, j'utilise DxO.
Parce qu'au final, on est photographe pour l'IMAGE, non ? Et sur ce terrain-là, DxO, c'est un peu le Zinedine Zidane du traitement RAW. Ou Messi, selon vos préférences footballistiques.
Mon conseil de formateur
Téléchargez la version d'essai gratuite de 30 jours. Prenez vos RAW les plus difficiles (haute sensibilité, contre-jour, grand-angle) et comparez. Vraiment. Ouvrez les deux logiciels côte à côte, traitez la même image, zoomez à 100%. C'est à ce moment-là que vous verrez la différence. Et que vous comprendrez pourquoi je vous bassine avec DxO depuis tout à l'heure.
Allez, maintenant téléchargez la version d'essai et amusez-vous. Et si vos photos deviennent tellement belles que l'on vous demandent comment vous faites... chut, gardez le secret ! Ou pas. Ou envoyez-les lire cet article. Je ne suis pas contre un peu de trafic sur mon blog.
Pour être parfaitement clair et honnête, je suis aujourd’hui partenaire DxO (cet article n’est ni une commande, ni sponsorisé par DxO), et si je le suis ce n’est ni par opportunisme ni pour afficher un logo de plus en bas d’une page, encore moins pour jouer les prescripteurs sans réelle maîtrise de l’outil. Je le suis devenu naturellement, après des années d’usage quotidien, parce que ce logiciel fait partie intégrante de mon flux de travail et qu’il répond précisément à mes exigences de photographe urbain. Je reste intimement convaincu que DxO est une solution redoutablement efficace pour peu que l’on prenne le temps de la comprendre et de l’exploiter correctement. Ce n’est pas “la meilleure solution universelle”, c’est ma solution. Je n’ai quasiment jamais utilisé Adobe Lightroom, non par posture philosophique ou esprit de contradiction, mais tout simplement parce que DxO PhotoLab me donne entière satisfaction, sur le fond comme sur la forme. Et en photographie, quand un outil disparaît au profit du regard, c’est généralement qu’il a fait son travail.
Si l’aventure DxO Photolab vous tente, vous pouvez bénéficier d’une réduction avec mon code créateur PAR_EF25



Merci beaucoup Eric pour cette analyse très claire!